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  • Alain SUPPINI

LA MÉNOPAUSE TRAITÉE PAR LA MÉDECINE CHINOISE

L'ACUPUNCTURE ET LA DIÉTÉTIQUE CHINOISE EN PREMIÈRE LIGNE !

Des estimations récentes suggèrent que les symptômes vasomoteurs ménopausiques peuvent perdurer plus de 7 ans. L’hormonothérapie reste le traitement le plus efficace. Cependant, elle est associée à des effets secondaires gênants, voire certains risques. L’acupuncture et la diététique chinoise trouvent dès lors une place de choix, en rétablissant l’équilibre défaillant entre yin et yang qui existe lors de la ménopause.


La ménopause s’accompagne le plus souvent d’un syndrome dit “climatérique”, lié à des modifications hormonales associées à l’arrêt de la fonction ovarienne. Les symptômes sont dus à la carence hormonale en œstrogènes et en progestérone. Ils ne sont pas systématiques, certaines femmes y échappent complètement et leur intensité varie d’une femme à l’autre.


Ces troubles climatériques sont:


1° Des bouffées de chaleurs ou bouffées vasomotrices, présentes chez 7 femmes sur 10.

Elles se manifestent par:

- la survenue inconstante de frissons, de tremblements, ou d’une impression de malaise et de vertiges,

- une brusque sensation de chaleur intense, montant du torse jusqu’à la face et au cou et suivie d’une rougeur,

- des palpitations, des sueurs abondantes et des frissons, précédant un retour à la normale.

Les bouffées de chaleur sont brèves, durant rarement plus de quelques minutes. Elles peuvent être occasionnelles ou survenir plusieurs fois par heure.

Elles se manifestent surtout la nuit et perturbent le sommeil, mais elles apparaissent également durant la journée et sont alors favorisées par la chaleur ambiante, la prise d’un repas, l’alcool, l’exercice ou l’émotion.

Elles sont présentes pendant quelques mois, mais durent parfois pendant plusieurs années.


2° Des sueurs isolées sans bouffées de chaleur


3° Une sécheresse vulvo-vaginale


4° Des troubles urinaires, à type d’irritations ou d’infections urinaires plus fréquentes, de fuites urinaires, ou d’une simple envie d’uriner plus pressante.


5° Des maux de tête, une fatigue, des insomnies, une irritabilité, ou de l’anxiété


6° Des douleurs articulaires, diffuses et changeantes, plus marquées le matin et diminuant après le dérouillage matinal.


Certains troubles climatériques comme les bouffées de chaleur, sueurs, fatigue, peuvent être transitoires, mais persistent parfois durant toute la ménopause.

D’autres sont durables comme la sécheresse vaginale, ou les troubles urinaires.


Au final, les symptômes vasomoteurs (VMS), qui comprennent les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, sont les symptômes les plus courants et les plus troublants associés à la ménopause, et sont surtout ceux pour lesquelles les femmes consultent un médecin. Bien que certaines femmes déclarent vivre la transition ménopausique sans aucun VMS, pour d’autres, ces symptômes peuvent être suffisamment fréquents et graves pour interférer avec les activités quotidiennes et la qualité de vie.


Des estimations récentes [1] suggèrent que les VMS ménopausiques fréquents peuvent se poursuivre pendant une médiane de 7,4 ans.


L’hormonothérapie (œstrogènes ± progestérone) reste actuellement le traitement le plus efficace. Cependant, elle est associée à certains effets secondaires gênants, tels que la sensibilité des seins et les saignements irréguliers, voire certains risques à type d’événements thromboemboliques ou de cancer du sein.

C’est la raison pour laquelle de nombreuses femmes recherchent des alternatives: autres agents pharmaceutiques, remèdes à base de plantes, diététiques ou thérapies comportementales.


C’est ici que la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), en particulier l’acupuncture et la diététique chinoise, trouvent une place de choix: elles visent à rétablir l’équilibre défaillant entre yin et yang qui apparaît lors de la ménopause, et en traiter les symptômes.


L’ACUPUNCTURE


Lors d’une étude randomisée new-yorkaise [2], les auteurs ont cherché à évaluer les effets de l’acupuncture, d’une part sur les symptômes vasomoteurs, d’autre part sur la qualité de vie à court et à long terme des femmes ménopausées.


Pour cela, 209 femmes âgées de 45 à 60 ans souffrant d’au moins 4 épisodes vasomoteurs par jour, ont été étudiées durant 12 mois:

- le premier groupe a bénéficié de 20 séances d’acupuncture durant les 6 premiers mois

- le deuxième groupe n’était pris en charge qu’à partir du 6è mois.


Toutes les participantes étaient revues tous les 2 mois.


Le critère de jugement principal était la fréquence quotidienne moyenne des signes vasomoteurs et les critères secondaires étaient l’incidence qu’ils avaient sur le quotidien, la qualité du sommeil, l’anxiété ou encore les symptômes dépressifs.


Une réduction significative de l’ensemble des symptômes a été notée chez les femmes du 1er groupe, c’est-à-dire ayant bénéficié précocement d’acupuncture, et ce bénéfice persistait pendant au moins 6 mois après la fin du traitement.


LA DIÉTÉTIQUE CHINOISE


Dans un très bel article de Philippe Sionneau [3], celui-ci recense ici les différents symptômes de la ménopause que nous avons déjà détaillés, mais surtout, il les relie aux déséquilibres et bouleversements énergétiques que la Médecine Traditionnelle Chinoise est capable d’identifier et de traiter.

Contre les effets de la ménopause, la médecine chinoise cherche à rétablir l’équilibre entre le yin (structure/froid, en déficience) et le yang (fonctionnel/chaud, en excès relatif). Son arme ? La diététique. Avec de surprenants résultats…


L’auteur analyse ensuite en détail un certain nombre d’aliments, dont les uns sont déconseillés, voire à supprimer totalement, alors que les autres sont à l’inverse une «véritable médecine douce contre la ménopause.»


Les aliments déconseillés:


“Selon la médecine chinoise, il faut d’abord supprimer tous les aliments piquants : épices comme le clou de girofle, piments ou poivre, aromates forts comme laurier, thym, cannelle, badiane, graine de fenouil, l’ail, l’oignon, etc.”

Ces aliments assèchent le yin et provoquent un excès de yang, majorant le déséquilibre déjà présent dans la ménopause.


D’autres aliments (grillés ou torréfiés, céréales soufflées) ont le même impact et sont donc à éviter. Il faut veiller également à diminuer les fritures, les aliments très gras, l’agneau, le poulet ou le coq: ce sont les aliments les plus “échauffants” qui lèsent le yin lorsqu’ils sont consommés trop souvent.


Enfin, la médecine chinoise recommande la suppression pure et simple des aliments suivants: l’alcool, les liquides très chauds, la caféine et les sucres à index glycémique élevé.


Les aliments favorables:


En ce qui concerne les végétaux: le soja sous toutes ses formes, les graines de lin, les champignons noirs chinois, l’avoine, ou encore le céleri-branche.


Parmi les produits animaux, le canard, la moule et l’huître.


Enfin, 3 “plantes” chinoises à privilégier: le bulbe de Lys en tisane, la graine de lotus en aliment-ingrédient, ou encore la graine de lycium en décoction.




Alain SUPPINI

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