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  • Photo du rédacteurAlain SUPPINI

LA PROCRASTINATION EST TOXIQUE

COMMENT NE PLUS ÊTRE UN RETARDATAIRE CHRONIQUE?

S'il est indispensable et même parfois vital de faire de pauses dans une vie quotidienne susceptible de nous submerger, remettre systématiquement à plus tard des choses importantes de la vie quotidienne est à l'inverse nuisible à la santé et au bonheur, et doit être combattu.

Il est fondamental de prendre de temps à autre du recul sur une vie quotidienne capable de nous submerger. "Faire des pauses" est vital pour rester heureux et en bonne santé.

Ces situations sont cependant totalement différentes de la procrastination, qui consiste à remettre à plus tard, à ajourner, des actions dans un domaine précis de la vie quotidienne.

En effet, le problème avec la procrastination est que la charge mentale qu'elle engendre devient immense au bout d'un moment. Il y a toujours quelque chose d'inachevé dans notre esprit qui draine notre énergie. Au final, le cerveau se bloque, empêchant alors de vivre de nouvelles expériences et notre productivité au quotidien s'effondre.


Au final, prendre du recul est vital, procrastiner est destructeur. Dès lors, comment arrêter de procrastiner?


Posons-nous d'abord les bonnes questions.


Souvent, la procrastination vient d'un sentiment de peur. Les personnes qui ont tendance à reporter des tâches ou des projets personnels ont peur d'échouer.

Ou parfois, la motivation qui nous animait n'est plus assez grande pour continuer.


Soyons honnête avec nous-même et posons-nous ces questions:


- Suis-je toujours suffisamment intéressé par ce que je fais ou dois-je arrêter?

Si nous persistons à reporter l'achèvement de tâches non obligatoires, nous devons nous demander si nous voulons vraiment continuer. Abandonner ne signifie pas échouer, mais signifie qu'il est peut-être temps de se concentrer sur quelque chose qui nous passionne vraiment.


- Qu'est-ce qui m'empêche de réaliser cette tâche aujourd'hui?

Listons toutes les arguments qui nous empêchent de faire les choses, et surtout, n'oublions pas les réseaux sociaux et le temps qu'ils consomment!


- Comment vais-je me sentir si je termine ce que j'ai à faire?

Souvent la réponse sera "soulagé" ou "fier". Mais parfois ce sera "effrayé", "anxieux".

C'est par exemple le cas lorsque l'on achève un niveau dans le cursus de ses études: si l'on est fier et soulagé d'avoir terminé, on peut avoir l'angoisse de ne pas savoir quoi faire ensuite.

Cette étape de questionnements est fondamentale pour identifier les causes réelles de la procrastination. C'est aussi un moment où l'on peut avoir besoin d'une aide extérieure, thérapeute, coach de vie, ou simplement de la part de proches, amis ou famille.


Ensuite, mettons en place des habitudes que nous apprécions vraiment.


Le problème des habitudes, c'est que si l'on ne les apprécie pas, elles risquent de ne pas durer dans le temps.

Nous décidons de vous lever chaque jour à la même heure afin d'effectuer des "routines" du quotidien, petit-déjeuner, footing, douche, puis télé-travail. Cependant, nous ne sommes pas du matin, nous aimons plutôt courir le soir après le travail et préférons prendre notre petit-déjeuner bien réveillé après une longue douche. Cette routine que nous cherchons à vous infliger ne durera pas, et au lieu d'augmenter notre productivité, nous nous sentirons fatigué avec un sentiment d'échec renforcé.

Il est donc important de créer des habitudes qui s'adaptent à notre mode de vie habituel, faciles à mettre en œuvre et qui nous procurent du plaisir. Notre journée bien structurée sera d'autant mieux appréciée.

Comment faire?


- il faut planifier des choses à réaliser chaque jour et chaque semaine, mais, élément fondamental, elles doivent alterner les tâches plus pénibles avec des moments agréables. Écouter de la musique, rencontrer des amis ou regarder un film, sont des objectifs de journée ou de semaine qui peuvent rendre bien plus supportables les tâches obligatoires et nous rendre au final plus productif, tout en étant plus détendu.


- les plans réalisés ne doivent pas être trop stricts, ils doivent programmer la possibilité de déplacer chaque tâche pénible: cette souplesse permet d'ajuster les routines lorsque nous sentons qu'elles commencent à grignoter notre motivation et à siphonner notre énergie vitale.


- pour que les habitudes perdurent, il est indispensable qu'elles aient lieu dans un environnement agréable. Si nous travaillons mieux le matin, forçons-nous à ranger et organiser correctement notre bureau la veille, de manière à ce que cette tâche ne soit pas un frein à la mise en route matinale.

Ce sont parfois de petits changements dans nos habitudes qui vont faire toute la différence.

Enfin, motivons les moments de notre journée par des déclencheurs.


Lorsque je me suis retrouvé au chômage, j'avais du mal à structurer ma journée et faire avancer les choses importantes, ce qui me donnait un sentiment de frustration et d'inachevé. J'adorais faire de l'équitation, mais la simple idée de me rendre au club, préparer mon cheval, et le le mettre au travail me demandait un effort de plus en plus insurmontable. Même si j'avais plus de temps que je n'en avais jamais eu, j'ai fini par ne plus rien faire.

Pour sortir de cette torpeur, j'ai décidé de mettre en place des éléments incontournables: demander à mon coach de me faire respecter un minimum de 2 cours par semaine et 1 balade à cheval dans les bois chaque weekend. Le "travail" s'accompagnait dès lors du plaisir de la promenade.

Pour la course à pied, j'ai créé une playlist avec des chansons qui me motivent et me rendent heureux. En allumant cette playlist, la routine tee-shirt, short, chaussures, running m'est devenue subitement plus simple.

A partir de là, écrire des CV et des lettres de motivation, prendre des rendez-vous pour les entretiens d'embauche, faire des stages pour me maintenir à niveau professionnellement, tout cela m'a semblé bien moins insurmontable qu'auparavant.


Au final, la procrastination n'est pas une maladie, elle est parfaitement naturelle, dépendant de chacun et de situations différentes. Nous n'avons pas à vous sentir mal à ce sujet, tout le monde procrastine un jour.

Cependant, nous serons toujours plus heureux lorsque nous accomplirons des choses importantes, notre charge mentale diminuera et nous aurons plus de temps pour apprécier des activités que nous aimons vraiment.

Il est donc nécessaire de se défaire de cette habitude toxique qui consiste à toujours remettre à plus tard les tâches pénibles. Si nous voulons arrêter de procrastiner, commençons à changer nos habitudes dès maintenant et nous gagnerons en productivité, en plaisir de faire et surtout nous retrouverons ce qui nous aura tant manqué: l'estime de nous-même!


Enfin, quelques conseils supplémentaires pour les procrastinateurs:


- supprimons les réseaux sociaux ou du moins limitons le temps passé sur ces applications


- coupons le son de notre smartphone lorsque nous effectuons des tâches pénibles et bannissons les distractions de notre espace de travail


- faisons une liste de priorités concernant les tâches et commençons par celles qui nous sont le plus pénible


- pour une réunion, un rendez-vous important qui nous stresse, faisons nous accompagner par un ami ou un membre de la famille: en plus d'être un élément déclencheur positif, il partagera le poids de cette tâche avec nous.


Alain SUPPINI

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